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La révolution en hommes et en images

Deutsche Übersetzung

Paris brillait d'un éclat printanier lorsque l'atelier consacré aux manifestations de 1968 a débuté à midi, le 5 avril, dans les locaux de l'EHESS, boulevard Raspail.

Comme le veut la tradition, la première journée a été consacrée aux étudiants de master (M1), qui ont présenté leurs projets et discuté des problèmes et questions qui y sont liés en dialogue avec l'assemblée. « Mai 68 », comme on appelle en France les grèves et les mouvements étudiants, fête cette année son cinquantième anniversaire. Le 3 mai 1968, la police avait évacué par la force l'université de Nanterre occupée par des étudiants et le 13 mai, les syndicats avaient lancé un appel à la grève générale, qui a culminé le 24 lorsque neuf à dix millions de personnes ont cessé le travail. Les troubles et les protestations se sont progressivement calmés après des négociations entre les syndicats, les représentants des étudiants et le gouvernement depuis la fin mai ; le 18 juin, les ouvriers de Renault ont été les derniers à reprendre le travail. Voilà pour l'événement, le « temps court ». Le programme franco-allemand de master et de doctorat a célébré à sa manière cet anniversaire lors de la deuxième journée de l'Atelier.

Celui-ci a été ouvert par la sociologue Julie Pagis (EHESS) avec la présentation de son étude récemment parue « Mai 68, un pavé dans leurs histoires. Evénement et socialisation », qui détourne le regard des grandes figures du mouvement de contestation pour étudier et tenter de systématiser les parcours de vie des « gens ordinaires » avant et après 1968. Ensuite, Quentin Fondu (EHESS) a présenté, sur la base de sa thèse en cours, l'influence de 68 sur l'histoire des études théâtrales en tant que discipline dans une comparaison franco-allemande.

L'après-midi, l'exposition « Images en lutte. La culture visuelle de l'extrême-gauche en France (1968-1974) » au Musée des Beaux-Arts présentait des affiches de protestation et des produits visuels de toutes sortes créés dans le sillage de l'année 1968. Avant que le groupe ne se retrouve sur les bords de la Seine pour un dîner commun, un échange thématique a eu lieu en fin d'après-midi sur les impressions des conférences et de la visite de l'exposition.

Enfin, le samedi matin, les doctorants Theo Müller et Florian Pfeiffer ont présenté l'état d'avancement de leurs projets de thèse, avant que le groupe ne se quitte après un dernier échange sur des questions d'organisation et d'études.