Contribution d'Anna Scherer Un atelier dédié à la mémoire de la Shoa
Bien que l'atelier de printemps de cette année n'ait duré que deux jours au lieu de trois, les participants ont pu suivre un programme chargé, allant de visites guidées passionnantes et de grands projets à de petites surprises. Un regard rétrospectif sur le 4. et 5 avril dans la capitale française.
Du Moyen Âge au 20. siècle
Dans les coulisses de la décoration des Jeux Olympiques sur le campus Condorcet, les étudiants et les doctorants du programme ont présenté leurs projets. Eva Marie Heimers et Teresa Göltl ont présenté pour la première fois leurs projets de doctorat, centrés sur les visions transcendantes des premières visionnaires médiévales et les procès des esclavagistes dans les colonies françaises de Martinique et de Guadeloupe. Johannes Bosch et Theo Müller ont présenté l’avancement de leurs projets déjà en cours depuis plusieurs semestres, intitulés « Variantes d’un retour à la nature. Le naturisme dans une perspective transnationale » et « Les collègues au-delà du Rhin. Une histoire franco-allemande de la professionnalisation du journalisme 1944–1995 ». Les étudiants en master Felix Wiegandt, Vincent Chaumet, Chloé Lopez, Bianca Brendel et Joris Rastel ont également eu l’occasion de présenter leurs thèmes devant un public plus large : « La lutte contre la maladie du sommeil au Cameroun 1906-1916 », « Le Maroc sous la menace du protectorat, à la recherche du premier objet d’une histoire comparée (histoire sociale, sociologie politique) de l’espace arabo-islamique au tournant du siècle », Boucherie : Une forme spécifique d'homosexualité dans les camps de concentration NS (1933-1945) », « Relations entre prisonniers tchèques et français » et « Ingénieurs de l'Empire russe dans la migration en France et en Allemagne de l'entre-deux-guerres ». Ensemble, les étudiants et les enseignants ont discuté des priorités chronologiques et géographiques des thèmes abordés, se sont proposés des ouvrages et ont réfléchi à d'autres sources possibles.
L’importance de la mémoire
Au centre de l'atelier était la rafle du vélodrome d'hiver le 16. et 17 juillet 1942 (Rafle du Vél’ d’Hiv), l’arrestation massive de Juifs par la police parisienne pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a fait plus de 13 000 victimes. Ils ont été emmenés au camp de transit de Drancy et au vélodrome. De là, ils furent déportés par les Allemands vers le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau.
Les participants de l'atelier ont visité le Mémorial de la Shoah à Drancy. La visite guidée du centre de documentation a mis en évidence l'importance de commémorer l'événement pour une vie sociale réussie. L'employé du musée a guidé les participants à travers le centre de documentation, où les visiteurs attendent une exposition avec des peintures, des maquettes du camp et une bibliothèque. Comme l'a rapporté le directeur du musée, une machine de propagande infâme a été exploitée ; des photos ont été manipulées et des feuilles ont été écrites pour présenter les Juifs sous un mauvais jour. Les conditions de vie dans le camp ont été illustrées par le dessinateur Georges Horan. De nombreuses personnes ont dû vivre dans des espaces confinés avec des installations sanitaires inadéquates. Le bâtiment dans lequel vivaient les prisonniers avait la forme d’un « U » et disposait d’une grande cour. Une série de graffitis des prisonniers dans les sous-sols du camp a été conservée. Ils ont gravé leurs noms et la date de leur expulsion sur le mur. L'ancien camp se compose aujourd'hui de logements sociaux. Près de l'ancien camp, des plaques et des statues rappellent le raid contre les Juifs. Ce n'est qu'à partir des années 60 que les premiers mémoriaux ont été construits pour commémorer l'événement. Dans un premier temps, l'attention a été attirée exclusivement sur la responsabilité des nazis, et ce n'est qu'avec le temps que l'on a également souligné l'implication du régime de Vichy. Une plaque commémorative des années 90 en face du centre de documentation rappelle les crimes commis en 1942 par le régime de Vichy.
Le programme d'études a de grandes ambitions
Lara-Marie Frick, l'une des étudiantes de master du programme, a réalisé une nouvelle vidéo image pour le cours, qui a été présentée avec impatience aux participants à l'atelier. Les professeurs Sven Externbrink et Julien Blanc évoquent les échanges scientifiques entre étudiants, doctorants et chercheurs grâce au programme. Les étudiants Henrike Scharff et Sigfrid Socher ainsi que la doctorante Stefanie Siess font également l'éloge du programme d'études dans la vidéo, considérant qu'il constitue une excellente occasion de connaître différentes traditions scientifiques et de se préparer à une carrière dans la science de l’histoire. Les participants ont terminé l’atelier avec succès lors d’un dîner commun au « Colchide » dans le 18e arrondissement.
L'association des anciens HEIPAR du programme d'études franco-allemand a profité de l'atelier pour présenter aux membres le nouveau logo de l'association et les nouveaux sacs. Les étudiants ont accepté les sacs avec joie.
Un grand merci à tous les organisateurs de l'atelier. Nous remercions tout particulièrement Jakob Fesenbeckh, Emmanuel Saint-Fuscien, Julien Blanc ainsi que Florian Pfeiffer et Thomas Maissen. Le prochain atelier d'hiver aura lieu en décembre à Heidelberg.











